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En 2020, les gérants de TPE ont réduit leur salaire de 46 % en moyenne

Une étude de Horus Software dresse le bilan de la santé financière des TPE wallonnes et bruxelloises : la reprise sera difficile

 

La crise économique frappe de plein fouet les très petites entreprises (TPE) wallonnes et bruxelloises. En 2020, elles ont perdu environ un quart de leur chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente. Si la masse salariale du personnel a baissé de 43 %, la rémunération des gérants accuse elle aussi une baisse de 46 %.  Un constat peu réjouissant pour la reprise, qui ressort d’une étude de Horus Software, une start-up belge qui accompagne les entreprises et fiduciaires dans la gestion de leur comptabilité à l’aide d’un logiciel doté d’intelligence artificielle.

 

Près de deux tiers des TPE directement impactées par la crise

Horus a analysé les chiffres de 550 TPE employant entre 1 et 5 personnes en Wallonie et à Bruxelles. Dans cet échantillon, 28,2 % des entreprises profitent de la crise (croissance du chiffre d’affaires de plus de 10 %) et 9,4 % ne sont pas impactées (croissance comprise entre 0 et 10 %). Pour cette étude, Horus a tenu uniquement compte des TPE impactées (en perte) et non impactées par la crise, ce qui porte l’échantillon à 401 sociétés.

 

« Nous ne connaissons évidemment pas la situation individuelle de chaque société », souligne Benjamin Tailleur, Product Marketing Manager chez Horus Software. « Certaines entreprises que nous qualifions ici de non impactées ont peut-être été touchées par la crise, c’est-à-dire que leur chiffre d’affaires aurait peut-être été supérieur sans la crise. Les chiffres dont nous disposons ne nous permettent toutefois pas de le voir. Pour définir si une TPE est impactée ou non, nous nous basons uniquement sur l’évolution de son chiffre d’affaires entre 2019 et 2020. »

 

Près d’1 travailleur sur 2 licencié ou au chômage

Le chiffre d’affaires de ces entreprises a diminué de -23,5 % en 2020 par rapport à 2019, soit une perte moyenne de 60.000 € par TPE. Cette baisse du chiffre d’affaires est compensée par deux éléments. D’une part, les gérants ont consenti des efforts et renoncé à près de la moitié de leur rémunération (-46,1 %), soit en moyenne 13.000 € par gérant sur l’année. D’autre part, la réduction des charges salariales (-43,7 %) dues au chômage économique et aux licenciements, ce qui implique que près d’un salarié sur deux a été licencié ou mis au chômage économique. Horus constate également une diminution des achats de matières premières et des frais généraux (carburant, chauffage, boissons, etc.), de respectivement -26,2 % et -21,6 %. Ces deux derniers chiffres sont assez logiques, car la plupart de ces TPE ont dû fermer pendant plusieurs semaines.

 

Disparition de la marge de manœuvre des TPE

« La situation n’est pas très réjouissante pour nos TPE », conclut Benjamin Tailleur. « Lorsque la crise sera derrière nous, ces entreprises mettront des mois, voire des années, pour retrouver les mêmes niveaux de revenus qu’en 2019. À l’heure actuelle, la perte de chiffre d’affaires est une réalité, mais ces petites sociétés ont réussi à la compenser par une réduction de la masse salariale, de l’achat de marchandises et de frais généraux. Mais quand sonnera l’heure de la reprise, le chômage économique cessera du jour au lendemain, et les économies réalisées sur les achats de matières premières et les frais généraux prendront fin elles aussi. La seule marge de manœuvre de ces entreprises pour continuer à faire des économies sera la rémunération du gérant. Or, les gérants ne pourront pas arrêter indéfiniment de se rémunérer. La reprise sera difficile, c’est une certitude. »

 

Méthodologie

Horus a réalisé cette étude en janvier 2021, sur un échantillon initial de 550 très petites sociétés wallonnes et bruxelloises de 1 à 5 personnes. Il s’agit de données anonymisées issues de sociétés dont la comptabilité est tenue par une fiduciaire utilisant le logiciel de comptabilité Horus Software.

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